janvier 13

J’ai réussi mais c’est parce que j’ai eu de la chance !

J’ai réussi mais c’est parce que j’ai eu de la chance !

By Jean-Luc HOZÉ

janvier 13, 2021

Boîte à outils

  • Remettre systématiquement en cause son mérite. 
  • Attribuer ses succès à des éléments extérieurs  :  la chance, un travail acharné, les relations, les circonstances, …
  • Se percevoir comme un « dupeur né », un imposteur qui n’a aucune légitimité à être là où il est et qui risque en permanence d’être démasqué.
  • Ne pas se sentir à la hauteur d’une mission que l’on pourrait se voir confier.

Ce sont là les symptômes typiques du syndrome de l’imposteur

Un terme inventé en 1978 par Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes, psychologues américaines, pour décrire un mécanisme qui crée, chez les personnes concernées, un doute permanent quant à leur propre valeur et qui les conduit à attribuer leur réussite à des facteurs externes, comme la chance ou le hasard : la réussite n’est jamais liée à leurs qualités.

Concrètement, les personnes qui en souffrent pensent ne pas mériter leur place ou celle à laquelle elles pourraient prétendre. Elles pensent tromper en permanence leur entourage sur leurs vraies compétences.

Ponctuellement ou de façon plus chronique, c’est un syndrome extrêmement fréquent : 60 à 70 % des personnes doutent, à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leurs succès. 

Lorsque l’imposture concerne une situation à venir, ces personnes vont s’efforcer de fuir cette situation, de tout faire pour ne pas y accéder, pour ne pas progresser.

Lorsque l’imposture concerne leur situation présente, elles vivent dans le doute, dans la peur d’être démasquées et que quelqu’un fasse la preuve de leur incapacité.

C’est cette crainte d’être démasqué qui pousse l’imposteur à mettre en œuvre des stratégies pour masquer l’escroquerie dont il se sent coupable. 

La stratégie overdoing consiste à investir une très grande énergie dans le travail à accomplir. En faire toujours plus ! Ce surinvestissement qui lui paraît indispensable pour compenser son manque de compétences est surtout ce qui lui permettra d’attribuer à ce travail excessif le succès de l’entreprise, plutôt que de l’attribuer à ses compétences réelles. 

La stratégie underdoing consiste, elle, à préparer l’échec. Il s’agit de clairement ne pas en faire assez et de pouvoir, à coup sûr, attribuer un éventuel succès à des circonstances extérieures … tout en masquant sa soi-disant incompétence derrière le manque de temps. 

Dans les deux cas, ces stratégies contribuent à intégrer le syndrome et à le renforcer. 

Et pourtant, ce syndrome n’est pas une fatalité !

Bien des gens vous diront qu’il faut adopter, sur soi-même, un regard bienveillant. Qu’il faut accepter les compliments, les retours positifs, les mots gentils … les noter sur un carnet pour les relire régulièrement. Qu’il faut accepter l’imperfection, le fait de faire des erreurs, être plus indulgent vis-à-vis de soi-même. Qu’il faut éviter de se comparer parce que chacun est unique… 

Mais franchement, si ça suffisait pour dépasser un vrai sentiment d’imposture, ça se saurait !

Ce vrai sentiment d’imposture, on peut le voir comme une manifestation de croyances limitantes et recourir aux techniques de dépassement de ces croyances.

On peut aussi être plus spécifique et se dire que la légitimité, dans le domaine professionnel, ça repose sur des Connaissances, des Aptitudes, un Réseau et de l’Expérience. On peut alors se demander, dans chacun de ces domaines, quel serait le niveau nécessaire pour exceller, pour être parfaitement légitime dans son poste ou dans les missions auxquelles on aimerait prétendre sans pourtant oser. Quelles connaissances faudrait-il ? Quelles aptitudes ? Quel réseau ? Quelles expériences ? 

Une fois cet idéal dessiné, on peut se demander, objectivement, où nous en sommes par rapport à cela. Et finalement, on peut identifier quelques petites actions concrètes, faciles, réalistes, qu’on peut s’engager à mener pour s’approcher de cet idéal.

Parce que définir ce plan d’action permettra de circonscrire, de délimiter, l’écart qui nous sépare de la parfaite légitimité. Et parce qu’il suffira d’engager, ce plan d’action pour que nous nous sentions grandir et grandi en légitimité. 

Ce n’est pas un don du ciel la légitimité. Ce n’est pas non plus quelque chose d’impalpable, insaisissable et inaccessible. Ce sont des Connaissances, des Aptitudes, un Réseau et des Expériences

Quatre mots, quatre lettres : CARE … pour savoir comment agir pour prendre soin de sa réussite ! 

Le cerveau se contentera de sentir que les facteurs de risque sont « sous contrôle » pour arrêter d’essayer de nous protéger.

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