juin 16

Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas

Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas

By Jean-Luc HOZÉ

juin 16, 2021


« Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas,
   C’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile. »
 Sénèque

On la connaît tous, cette petite phrase !

Et pour être honnête, elle ressemble à bien des phrases que je déteste : Ces « citations inspirantes » mises à la mode par les apôtres du développement personnel qui tendent à nous dire que si notre vie n’est pas parfaite, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même !

Je n’aime pas trop ça … et pourtant !

Et pourtant, voilà que, moi aussi, je la mets en avant.

Aurais-je perdu la tête ? Serais-je en train de me noyer dans les contradictions ?

NON !!!

Mais il faut bien reconnaître que Brueghel l’Ancien nous donne une leçon de vie :

  • Un laboureur concentré sur le tracé de ses sillons,
  • Des navires qui restent dans la baie malgré leurs voiles gonflées,
  • Et un berger, au milieu de son troupeau,
  • qui regarde Dédale réaliser son rêve : voler comme un oiseau !
  • Pendant qu’Icare, trop enthousiaste, grisé par le succès disparaît dans les flots …

Et nous ? Que faisons-nous de nos rêves et de nos envies ?

Sommes-nous plutôt laboureur, marin, berger, Dédale ou bien Icare ?

Je voudrais juste vous raconter une histoire. 

Une de ces expériences que l’on vit et qui se révèle, par la suite, riche d’enseignements.


Il y a tout juste deux ans j'aidais un client à définir et construire 10 offres afin de lui permettre de valoriser ses 10 centres d'expertises.

J'étais donc amené à animer 10 fois les mêmes ateliers, expliquer 10 fois les mêmes choses.
Ça me prenait énormément de temps, ce n'était pas très satisfaisant et ça coûtait très cher au client.

Ce genre de situation est assez récurrent dans mon activité. Mais cette fois-là, j'ai trouvé ça particulièrement peu pertinent.

Et la solution était évidente. Enregistrer les apports de contenu et les mettre à disposition, en vidéo, permettrait d'éviter de répéter 10 fois la même chose, de consacrer le temps des ateliers au travail effectif sur les offres du client. Tout le monde gagnerait du temps !

OUI MAIS ...

Oui mais c'est difficile ! 

C'est même presque impossible quand on a passé les cinquante-cinq premières années de sa vie à fuir tout ce qui pouvait ressembler à un objectif. Les caméras, les appareils photos, j’ai toujours aimé être derrière mais surtout pas devant !

C'est sans aucun doute pour ça que, bien que ces situations soient courantes, j'avais toujours écarté cette idée avant même d'y penser !

Mais cette fois-là, allez savoir pourquoi, je l'ai laissé s'installer.

Je l'ai même un peu creusée.

Juste assez pour me dire que ce n'était pas la peine d'y penser tant que je n'aurai pas réussi à faire une vidéo qui me plaise suffisamment pour être prêt à la diffuser sur les réseaux sociaux.

Alors j'ai essayé, mais sans me lancer dans le vrai projet. 

En faisant juste un essai : une petite action pour voir si j'étais capable de surmonter la première objection que je me faisais à moi-même.

Vous vous doutez bien que ça n'a pas été bon du premier coup.
Alors j'ai recommencé, une fois, deux fois ... dix fois.

Sans pression puisque ce n'était qu'un essai.

Et petit à petit j'ai réussi à obtenir quelque chose que je me suis senti prêt à montrer à quelques amis. Ils m'ont fait des remarques, m'ont donné des conseils et m’ont encouragé.

Alors j'ai recommencé, une fois, deux fois ... dix fois.

Mais toujours sans pression !

Et je me suis senti prêt. Prêt à poster cet exercice sur LinkedIn et sur Facebook.

Prêt à montrer, ce que j’avais fait.

C’était encore loin d'être parfait, mais ça me semblait suffisant. 

Et ça l’était ! Largement suffisant pour susciter des commentaires extrêmement encourageants.
Largement suffisant pour que je continue, en m'attaquant, maintenant à mon vrai sujet.

Largement suffisant aussi pour être remarqué par de très anciens contacts, totalement perdus de vue qui n’ont pas manqué de s’étonner du chemin parcouru !

On en a tous, au fond de nous, des rêves

Si je vous raconte ça aujourd'hui, c'est parce qu'on a tous, quelque part, au fond de nous des idées, des envies, des rêves qu’inconsciemment on prend soin d’étouffer.

Des rêves qui semblent tellement inaccessibles qu'on ne s'autorise même pas à y penser.

Et si on leur faisait une petite place ?
Et si on se demandait ce qui les rend, à nos yeux tellement inaccessibles ? Quel est l'obstacle principal qui fait que nous nous interdisons même d'y penser ?
Et si on essayait de trouver un moyen détourné de se tester, de voir si cet obstacle est vraiment si infranchissable que ça ?

Qu'on y arrive ou pas n'a finalement pas tellement d'importance puisque, de toutes façons, on s'apprêtait à ne pas le faire ...

Mais si on y arrive, ne serait que partiellement, je vous laisse imaginer le plaisir et les satisfactions qui en découleront !

On essaie de prendre un petit moment pour retrouver nos rêves ?

Personnels ou professionnels, peu importe !

L’écriture de ce roman qu’on n’a même pas oser imaginer,

Ce treck au bout du monde auquel on n’ose plus rêver,

Ces travaux dans lesquels on n’a jamais oser se lancer,

Ce cours de théâtre dont on n’a  jamais oser franchir les portes,

Il y en a tant de ces choses qui paraissent difficiles, voire impossibles, juste parce qu’on n’ose pas.

Et si on prenait la peine de les réveiller et de se demander quelle petite action nous pourrions mettre en œuvre pour savoir, pour de bon, si c’est possible ou pas, si l’obstacle est franchissable ou pas ?

>